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Leçon d'amour ? (PV Mable)

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Jeu 9 Nov - 14:41

 La section Nord du domaine du temple d'Amaterasu était sans conteste la partie la plus isolée et calme du lieu. Les petits temples et autels s'y situant étaient perdus en plein coeur de la forêt délimitant le Nord du domaine, et il fallait même gravir de longs escaliers pour espérer les atteindre.


 Rares étaient les personnes qui osaient s'y aventurer, au vu de l'effort physique important que cela demandait. Cette section accueillait essentiellement de véritables passionnés de la culture nippone, de rares fidèles, et de quelques badauds s'étant plus perdus qu'autre chose... Et avec l'étang aux lotus, c'était l'endroit préféré d'Hitori.

 Isolé, ce lieu était idéal pour elle lorsqu'elle avait besoin de réfléchir, ou de s'adonner en toute sérénité à ses prières à l'attention de la Déesse du Soleil, ou juste pour faire un peu d'exercice (Et au vu de la chaleur assez conséquente de ces derniers jours, c'était loin d'être facile de se déplacer vêtue de son kimono !). Mais ce matin-là... ses pensées étaient loin d'être apaisées... En effet, une heure auparavant, sa mère Hiromi, Grande Prêtresse actuelle de la Déesse Amaterasu, et son père Sasuke, Gardien de la Grande Prêtresse,
lui avaient présenté ses quatre futurs Gardiens : deux hommes descendant de lointains Gardiens, Hiro et et Akihiko ; et deux habitants de l'île ayant prouvé leur fidélité à la Déesse du Soleil et leur bravoure, Dylan et Maxence. Et ce fut dans le plus pur respect des traditions... qu'ils lui demandèrent, d'ici un an... de choisir un mari parmi eux... Car telle était la tradition à l'approche de son futur "couronnement" en qualité de future Grande Prêtresse...

 Hitori s'était, bien entendu, inclinée face à cette demande, consciente de ses obligations. Mais sa tête étant remplie de mille interrogations, elle s'était de suite isolée dans la section Nord, afin d'y chercher des réponses, auprès de son cher esprit Trico. Les quatre jeunes hommes étaient loin d'être de mauvais prétendants, ayant maintes fois prouvé leur force au cours de ces dernières années, étant très fidèle aux préceptes de la Déesse Amaterasu, et étant, dans le fond, agréable à vivre. Mais, bien entendu... il n'y avait pas d'amour derrière... Juste une obligation vieille de plusieurs siècles... Comment sa mère avait-elle pu choisir à ses 29 ans...? Avait-elle...... Avait-elle éprouvé un amour qui avait été gâché par ce devoir...?

 Elle soupira devant une telle pensée, se lovant davantage contre le mur du temple Nord, tandis que son regard se perdait dans les branches au-dessus d'elle. Le véritable amour était presque interdit dans la famille... Elle ne devait pas avoir de telles pensées, et accepter son destin... Après tout, Sasuke n'avait jamais été un mauvais mari envers Hiromi, et des sentiments étaient peut-être nés entre temps...? Alors...... pourquoi pensait-elle de plus en plus à ça...?


"WHOW, regardez cet esprit, il est trop beau !!!
- T'as vu comme il est énorme !? J'espère que le mien sera aussi gros !
- T'as des ailes, tu sais voler ???

 Ce furent littéralement des piaillements qui la firent sortir de ses pensées, tandis que ses sourcils se froncèrent légèrement. Elle qui pensait que Trico et elle aurait la paix en cette matinée, voilà que s'amenaient de jeunes adolescents criards, accompagnés de leurs esprits encore à l'état de boules de lumière. Et malgré que ces derniers ne pouvaient, bien sûr, le toucher, ils ne pouvaient s'empêcher de crier d'admiration devant la beauté de Trico ; et malheureusement, étant d'un naturel calme et généreux, ce dernier ne bougeait pas et les laissait faire, bougeant de temps en temps ses grandes oreilles comme seul signe d'inconfort.

 Hitori n'avait jamais le moindre problème lorsque des badauds admiraient son esprit, étant, à sa connaissance du moins, le plus gros esprit de l'île. Et sans en prendre la grosse tête, elle admettait avec fierté que la chimère était vraiment magnifique. Mais malgré son attitude très calme et mature, s'il y avait bien une chose qu'elle détestait, c'était de voir de jeunes immatures manquer ainsi de respect non seulement à son Trico, mais également au lieu. Avaient-ils oublié qu'ils se trouvaient dans un lieu de culte ? Oubliant un temps ses interrogations, elle s'approcha du groupe, gardant une expression très neutre... mais ses yeux montrant parfaitement son froid mécontentement.


"Mes enfants, je vous sommerais de bien vouloir rester calme en ces lieux et auprès de mon esprit, ou je serais contrainte de vous demander de partir.
- Whow, c'est votre esprit !? Il est vachement beau !!!
- C'est quoi comme animal ???
- Vous vous êtes faite posséder par lui ???
- Comment le mien peut lui ressembler ???"

 Ils ne semblaient pas du genre à comprendre une demande calme... Devenant d'un coup très froide devant une telle insolence, Hitori s'approcha davantage d'eux, les scrutant très intensément, tout en posant une main sur la patte de Trico ; les yeux de ce dernier,
semblant ressentir les émotions qu'elle éprouvait à l'instant, passaient du noir au rouge, ce que ne manquèrent pas de voir le groupe d'adolescents. S'arrêtant net, les jeunes les regardèrent avec appréhension, très peu rassurés devant sa froideur.


"On... On voulait pas...
- On... On va partir..."

 Ils redescendirent très vite les escaliers, murmurant des choses entre eux tout en continuant d'épier avec crainte jusqu'au dernier moment la prêtresse. Une fois partis, elle poussa un profond soupir, secouant la tête ; voyant qu'elle semblait perturbée, Trico approcha son visage du sien, s'y frottant doucement.

"Je te connais par coeur, ma chère Hitori. Tu n'aurais pas réagi ainsi... en temps normal... Pourquoi ne souhaites-tu pas confier à tes parents à quel point ce mariage arrangé te perturbe...? Hiromi et Sasuke seraient prêts à t'écouter, j'en suis certain..."

Il avait raison, ce serait se mentir que de nier le contraire... Mais Hitori secoua la tête, caressant affectueusement son bec/museau,
le regardant avec des yeux tristes.


"Je t'aime pour te soucier tant de moi, Trico... mais malheureusement, je ne peux y échapper... La méditation et la prière m'aideront à canaliser ces émotions. Je ne dois pas oublier mon devoir.
- ... Je respecterai ta décision, et serai toujours présent à tes côtés... même si mon âme pleure devant ce destin qui t'attend... Tu mérites tant mieux, Hitori... Rétorqua tristement Trico, les yeux mi-clos devant ses caresses.
- Je t'ai déjà toi, mon ami. Je n'ai besoin de plus. Chercha-t-elle à le rassurer avec un doux sourire... essayant également de s'en convaincre.
- Au vu de ce que nous venons de vivre, ne regrettes-tu pas ma taille imposante ? Ricana-t-il télépathiquement, essayant de lui remonter le moral du mieux qu'il le pouvait.
- Jamais. Mais il est fort regrettable que seule la taille compte pour ces jeunes personnes, alors que le lien du coeur est ce qui compte le plus."

Mais, semblait-il, la nouvelle génération d'adolescents semblait ne vouloir plus que de gros ou puissants animaux comme esprits, au détriment du lien affectif, à son grand désarroi. Fort heureusement, des exceptions existaient encore, et sa prochaine rencontre allait bien la rassurer en ce sens.
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Jeu 9 Nov - 16:57
Même si le doux mois de Septembre approché à pas vifs, l'été ne semblait pas décidé à bouger de sa place chaude et  confortable, ce qui était loin de me déranger! Après un petit déjeuner sain et équilibré (Et par là, j'entendais une douzaine de pancakes et du Sunny Delight!). Ce que beaucoup trouve honteux d'ailleurs! Qui vit avec une mère boulangère et n'en profite pas pour manger des viennoiseries croustillante et fraiche pour son petit déjeuner?! Bah... Moi....! Dandinou aussi adorait les pancakes, notre compte instagram était bondé de photo adorable de lui en train de manger! La rentrée était bientôt là et je n'avais toujours pas eu l'occasion de visiter entièrement l'île! Telle une pile électrique, après avoir prit mes affaires, je sortais de la maison en courant, suivit de près par mon âme soeur!

******

Hmmmm... J'étais pourtant sur d'arriver sur la grande rue en prenant ces escaliers... Plongée dans ma carte de l'île (plus touriste, tu meurs!), je m'enfonçais pensivement dans la partie boisée de l'île! Mais bon, se perdre, c'est une aventure! Je pourrais me remémorer tout ces épisodes de MacGyver et de Bear Grylls que j'ai regardé! Il fallait trouver un court d'eau, le suivre, construire des pièges à oiseaux, apprendre à Dandinou comment trouver des champignons... Ou lire ce panneau qui indiquait sobrement "Temple d'Amaterasu"... Oh... J'étais là... Bonne nouvelle, je n'étais plus perdu, mauvaise nouvelle, allez savoir comment, j'était à l'opposé de la ou j'avais prévue d'aller... Je me savais nulle en course d'orientation mais quand même...! Enfin bon, puisque j'étais là, la fraicheur apporté par l'ombre des arbres était loin d'être désagréable... Malgré mon tendance au survoltage et à l'hyperactivité, ce lieux avait quelque chose de mystique qui me détendait... Je rangeais ma carte pour m'imposer une petite ballade. Mon esprit me suivait joyeusement, sa petite queue en tire-bouchon écouée par ce déhanchement provoquant! Qu'il était mignon! Je fus coupé dans mes rêveries par deux ados qui me bousculèrent en descendant les escaliers à la hâte.
-Hey! Faites un peu... Trop tard... ils étaient déjà partit...

Après une longue marche, la fin tant attendue des escaliers diaboliques arriva! Mais le paysage valait le détour... Même s je n'y connaissais vraaaaaiment rien en culture asiatique, c'était magnifique! Déambulant en ce lieux sacré, je marchais à l'envers pour admirer toutes les marches que nous avions gravit, je pouvais être fière de mon animal! Enfin, ça c'était avant qu'il s'arête nette devant moi et que je trébuche sur le sol carrelé. A peine ai-je eu le temps d'ouvrir les yeux pour comprendre ce qu'il avait provoqué l'arrêt de mon animal que celui-ci s'était glissé avec précipitation dans mon pullover, tremblant comme une feuille... Enlaçant mon compagnon pour le calmer, je levers les yeux vers la source de sa frayeur... Mon cerveau encore en stand-by, je regardait avec de grand yeux rond une jeune femme et un animal couvert de poil et de plume. Ceci expliquant le mon esprit en mode vibreur dans mon pull... Je me relevais péniblement et dit avec un petit sourire:

-Excusez moi du bruit... Dandinou a une peur bleue de toute ce qui est plus gros et menaçant que lui...
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Jeu 9 Nov - 21:12
 Les deux êtres liés restèrent silencieux pendant quelques instants, appréciant le retour du silence. Malgré que, depuis des années, ils parvenaient à communiquer entre eux par télépathie, ils respectaient ce désir mutuel de sérénité, la simple présence de l'autre suffisant à leur bonheur ; et la méditation n'était certainement pas étrangère à tout cela (Une des choses qu'Hitori avait le plus apprécié dans son éducation). Au moins, cela permettait à la prêtresse de ne pas forcément penser à cette future obligation de mariage...

 Trico ronronnait paisiblement contre elle, quand il remua soudain les oreilles, son regard fixant sans bouger le haut des escaliers.


"Nous avons de la compagnie." Lui lança-t-il télépathiquement sans cligner des yeux.

 Rouvrant sereinement les yeux, elle se tourna vers la nouvelle venue, espérant secrètement qu'il ne s'agirait pas encore d'un adolescent perturbateur. Fort heureusement, il s'agissait d'une jeune fille qui paraissait plutôt hypnotisée par la beauté du lieu, accompagnée de son esprit cochon ; Hitori n'avait absolument rien contre les touristes respectueux du temple, au contraire, cela prouvait que la beauté de la Déesse Amaterasu atteignait tous les coeurs.

 Elle s'apprêta à retourner dans son coin pour la laisser libre de ses mouvements, mais un gémissement surpris de Trico la coupa en plein élan. Haussant un sourcil, elle se retourna et s'aperçut que le cochon était bloqué sur place, regardant la chimère géante avec terreur, faisant même tomber par terre son humaine avant de se réfugier à l'intérieur de son pull. Elle regarda du coin de l'oeil son propre esprit, caressant ses plumes avec empathie : ou bien sa grande taille inspirait le respect, ou bien elle inspirait une certaine crainte, lui qui était pourtant si adorable...

 Soucieuse de savoir si la jeune visiteuse allait bien, Hitori s'approcha d'elle avec calme. Comme à son habitude, elle n'affichait aucun sourire, mais ses yeux affichaient clairement de la douceur ; elle espérait que la jeune fille ne le prendrait pas mal... Elle était ainsi, peu émotive de l'extérieur, mais montrant toutes ses émotions à travers son regard.


"Excusez moi du bruit... Dandinou a une peur bleue de toute ce qui est plus gros et menaçant que lui...
- Menaçant ?" S'inquiéta légèrement Trico, laissant échapper un petit gémissement plaintif.

 Au début, Hitori se contenta seulement de caresser ses plumes pendant quelques instants, susurrant des petits "Shhh" pour le calmer. Elle comprenait tout à fait qu'il était impressionnant, et pour être honnête... elle ignorait ce dont il pourrait être capable si elle venait à être en danger... Certes, il ne pourrait rien faire directement, mais si jamais il venait à arriver à la posséder, au vu de ses serres acérées...... non, elle préférait ne pas y penser pour l'instant, la possession n'était pas à l'ordre du jour.

 Puis, doucement, la prêtresse secoua la tête, montrant silencieusement qu'aucun mal n'avait été fait. Elle ne prononça pas un mot, ne sourit toujours pas, mais ses yeux décrivaient à la perfection son ressenti. Voulant également prouver qu'ils n'avaient rien à craindre, Trico se coucha au sol, amenant sa tête le plus bas possible, ses yeux doux se posant sur la jeune fille et Dandinou ; ses oreilles bougeant de manière adorable de droite à gauche, il émit des petits gémissements/ronronnements/coassements rassurants. Les esprits pouvant communiquer entre eux, Trico dit doucement et télépathiquement au petit cochon :


*Pardonne-moi si je t'ai effrayé. Je me nomme Trico, bienvenue à toi et à ton humaine.*

 Hitori continuait de doucement caresser les plumes de sa chimère, tandis qu'un semblant de sourire transperça le coin de ses lèvres. Elle posa un regard attentionné sur la jeune fille, hochant la tête.

"Sois la bienvenue au temple de la Déesse du Soleil Amaterasu, mon enfant. Et que Sa lumière guide à jamais ton chemin. Je suis la prêtresse Hitori, y a-t-il quelque chose que je puisse faire pour t'aider ?"

 L'appeler "mon enfant" pouvait paraître bizarre, elle qui aurait très bien pu être sa grande soeur... Mais tel était l'usage de s'adresser aux jeunes fidèles ou aux jeunes touristes. Et oui, elle aurait pu entamer la conversation, lui faire comprendre oralement qu'elle n'en voulait pas à Dandinou de sa réaction face à Trico, lui demander simplement son nom... Mais Hitori avait tellement pris l'habitude de ne se consacrer qu'à ses devoirs de prêtresse, sans réussir, au cours de sa vie, à établir un quelconque lien social... Elle ne faisait, en fait, que réciter un texte qu'elle avait répété des tas et des tas de fois, même si elle y mettait sincèrement tout son coeur et toute sa foi. Commencer une conversation ? Même à 28 ans, elle avait du mal à le faire, n'étant vraiment à l'aise que quand il s'agissait de l'organisation du temple.
Cela expliquait peut-être pourquoi, dès qu'ils avaient l'information ou la bénédiction qu'ils recherchaient, les gens s'éloignaient rapidement d'elle...... Etait-elle si antipathique que cela...?

 Trico remarqua le bref éclair de lassitude et de tristesse dans le regard de son humaine, et souffla tendrement de l'air chaud de ses naseaux sur elle, faisant voler ses cheveux noirs. La chimère étant la seule à réussir ce miracle, elle émit un unique petit rire ; mais elle comprit parfaitement son message caché. Elle devait essayer de faire un petit effort... Le regard toujours aussi doux, elle lui demanda gentiment :


"Quel est ton nom, mon enfant ? Es-tu... nouvelle sur Aüma ? C'est bien la première fois... que je te vois... au temple..."

 ... Oui, il lui faudrait décidément s'exercer...... Enfin, du moins, le temps qu'il lui reste de liberté...
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Dim 12 Nov - 15:53
Mon cochon sortit courageusement la tête en m'entendant parler, je posais alors mon nez contre son groin en lui disant, à la fois affectueuse et amusée:

-Et en fait, il n'y a rien de moins mignon et moins menaçant que toi hein?! Trouillard! Allez tu peux sortir de ta cachette!

Mon cochon sortit avec réticence, et le temps d'un instant, mon esprit fixa celui de la jeune femme, qui, il fallait que je l'admette, était très beau. Il avait cet air majestueux et digne qui imposait le respect tout naturellement. J'entendis mon petit cochon lâcher un gruiiik interrogatif, probablement qu'il répondait à sa nouvel connaissance. Ca me faisait rire, Dandinou n'était pas vraiment le plus doué pour... Tout... (Mon âme sœur je vous dit!) mais surtout en ce qui concerne la télépathie, il ne savait que dire son cri. Ce qui ne m'empêchait pas de le comprendre avec de l'entrainement.

Mais oui, je le savais, mon esprit était loin d'être le plus performant... Mais qu'importe, puisqu'il été le plus mignon de tous!!! Mon regard plongea dans celui de la prêtresse (enfin ce que je supposais être une prêtresse), elle était... Magnifique... Une femme fine, pâle, à l'air humble, cependant, son regard semblait exprimer intentionnellement une pointe de tristesse... Je n'aimais pas voir les gens tristes, ils n'avaient pas le droit d'être triste quand j'était dans les parages! Je me relevais avec une fausse dignité avant de m'épousseter et de lui répondre, tout sourire:

-Bonjour Madame! Non, non, vous inquiétez pas, plus de peur que de mal! Dis-je en caressant le tête de Dandinou qui était maintenant tout content de s'être fait un nouveau copain.

-Gruik gruik! Fit mon esprit en se trémoussant joyeusement.

-Mable Stotch pour vous servir! Oui... Je suis arrivée il y a quelques semaines sur l'île... Pour les études... Dites, on doit vous le demandez souvent mais... vous pouvez m'en dire plus sur Am... Ama... Je fis un gros effort de reflexion, hyperactive de nature. Amaterasu! Si ça vous dérange pas bien sur! Parceque à la base je suis américaine moi, donc bon, à part le cultes des armes à feu et des stars d'hollywood, y'a pas grand chose qui nous intéresse...! Dis-je en plaisantant, même si il y avait un gros fond de vérité là dedans.
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Mar 21 Nov - 22:47
*Enchanté Dandinou. Si ton humaine ou toi avez besoin de quoi que ce soit, n'hésitez pas.*

 En voyant que le petit esprit retrouva vite la joie et la bonne humeur, Trico se sentit immédiatement rassuré. Ce n'était pas évident tous les jours d'être colossal comme il était... Il était probablement, à sa connaissance du moins, l'esprit la plus imposante de toute l'île, les autres avaient de quoi un peu le craindre... Il avait fini par l'accepter, ayant le même naturel conciliant que Hitori, mais cela n'était néanmoins pas facile... Voir un esprit comme Dandinou ainsi l'accepter, se trémoussant même joyeusement devant lui, réchauffait son âme. Poussant un petit coassement/grognement curieux, il bougea ses oreilles dans tous les sens, montrant qu'il était intrigué face à la petite créature.

 Devant un tel spectacle, le coeur de la prêtresse chanta. Comme il était bon de voir son tendre esprit prendre du bon temps avec un autre... Et cet adorable petit cochon semblait rempli d'aussi bons sentiments que son humaine, elle ne doutait pas que le gentil Trico s'entende bien avec lui. Affichant un honnête, mais bref et rapide sourire, elle se retourna vers son interlocutrice, l'étudiant ; oui, cela était évident, cette jeune fille respirait la joie de vivre et l’optimisme, comme si aucune once de ténèbres ne pourrait jamais la corrompre. Cela était beau à voir, l'influence des Ténèbres pouvait être si forte, en particulier si des êtres malfaisants comme Yamata-no-Orochi se chargeait de répandre la noirceur dans le coeur des gens... Le monde avait vraiment besoin de personnes comme cette douce personne.


"Alors sois la bienvenue, Mable. J'espère que tu trouveras en ce lieu sacré la paix intérieure. L'accueillit-elle avec bienveillance.
*Ma chère Hitori... Cette jeune fille semble doter d'un coeur en or et d'une âme étincelante... Ne serait-ce pas l'occasion pour toi de chercher à t'en faire... une amie...?* Proposa télépathiquement Trico, frottant son museau/bec contre son bras en signe de soutien.

 ... Cela pourrait être une excellente idée, en effet... Cela serait peut-être l'une des dernières occasions où elle le pourrait... Mais Hitori renonça bien vite à cette idée, caressant amoureusement les plumes de son esprit.


*Elle est si jeune, Trico... Renchérit-elle tristement, ses yeux étincelant en le contemplant. Il vaut mieux qu'elle se fasse des amis de son âge, cela sera mieux pour elle. Je...... Je ne pourrai rien lui apporter, excepté la paix de la Déesse et de ce lieu...
- ... Hitori...* Supplia tristement la chimère, avant de renoncer.

 Cela ne servait à rien d'essayer de la convaincre... Depuis trop longtemps, elle s'était convaincue que sa place serait éternellement ici, et qu'elle ne pourrait jamais se tourner vers quelqu'un d'extérieur... surtout après l'annonce qui lui avait été faite aujourd'hui...... Mais au fond de lui, il espérait toujours qu'un miracle se produirait un jour dans sa vie...

 Mais les interrogations de Mable au sujet de la Déesse suffirent à l'ôter de ses pensées éphémères, et ses yeux éclatèrent d'excitation. Certes, sa fonction la poussait à beaucoup de sacrifices... mais ce qu'elle adorait par dessus tout dans ses responsabilités, c'était conter l'histoire de la Déesse Amaterasu aux curieux et aux possibles fidèles. Les gens, mais en particulier ses frères et soeurs, lui avaient toujours dit qu'elle avait un don pour la narration, en particulier pour tout ce qui touchait aux légendes nippones. Et en contemplant le temple derrière eux, elle se dit que le destin n'avait pas choisi meilleur endroit pour lui raconter cette fabuleuse légende.


"'Amaterasu-Sume-Okami'. Grand Kami Impérial Illuminant le Ciel. Puisses-Tu guider notre chemin de Ta chaleur."

 Elle dévoila alors à la lumière de la lampe une splendide marionnette en papier représentant l'ombre d'une magnifique femme, surmontée de la couronne du Disque Solaire rouge, aujourd'hui emblème de l'actuel Japon :



"Reine du Takamagahara, ou Royaume des Cieux, à la demande de Ton père Izanagi, Tu es l'ancêtre des empereurs du passé et du présent, et Tu leur apportes Ta parole divine."

 Elle fait alors traverser de part et d'autre de l'écran plusieurs figures d'empereurs japonais, tandis qu'elle poursuit :

"Ton âme est grande, Ton coeur est courageux, et Ton esprit est sage. Tel le Soleil que Tu as dompté, Tes rayons guident les pas des mortels. Mais comme lui, Tu sais te montrer aussi impétueuse, surtout en présence de Ton frère Susanoo, Kami de la mer et du vent."

 Auprès de la Déesse Amaterasu, elle dévoila l'ombre du grand et puissant Susanoo, tenant fermement son long katana :


"A la suite d'une énième dispute avec lui, Tu te dissimulas au sein d'une caverne, dissimulant par la même occasion le Soleil. Oh oui,
Grande Déesse Amaterasu, Tu savais Te faire entendre... Mais sachant Ton importance, les Kamis complotèrent un judicieux plan pour te faire sortir de Ta cachette : ils organisèrent une somptueuse fête, mêlant rires et danses. Intriguée et curieuse, Tu ouvris à peine l'entrée de la caverne, mais cela suffit aux Kamis pour Te faire sortir, ramenant Ton éclat protecteur."


 Et tout cela, elle parvint à le montrer avec quelques personnages, utilisant même ses doigts de pied pour cela. Oui, un "talent" quelque peu... étonnant pour la future Grande Prêtresse, mais au moins, elle savait comment faire un beau spectacle !

 Hitori montra ensuite la Déesse Amaterasu dans une grande colère face à Susanoo, tandis qu'elle continua :


"Rancunière devant cette tromperie, Tu bannis Ton frère du Royaume des Cieux. Oui, Ta colère était grande... mais elle permit cependant à Ton frère d'accomplir l'impensable, et de débarasser le royaume des mortels d'une de ses plus grandes menaces : celle... de Yamata-no-Orochi..."

 Presque après un petit instant de suspens, Hitori dévoila leur marionnette la plus sophistiquée après celle de la Déesse : Yamata-no-Orochi, le Dragon à Huit Têtes et à Huit Queues :


"Dragon japonais à huit têtes et huit queues, avec des yeux rouges comme le sang, et dont le souffle était venimeux. Sur son corps, qui s'étend sur huit vallées et huit montagnes, poussent de la mousse, des cèdres et des cyprès, et sur son ventre coulent des rivières de sang entre ses chairs incandescentes. Il se nourrissait d'une jeune fille une fois par an. Oui... Yamata-no-Orochi... Plus grande menace des mortels, et même des Kami... Rien ne semblait pouvoir l'arrêter... Mais Susanoo avait un astucieux plan..."

Astucieusement, la prêtresse montra Susanoo apporter discrètement durant son sommeil huit bacs, devant chacune des têtes.

"Susanoo plaça, pour chacune des têtes de Yamata-no-Orochi, des bacs de saké raffinés par huit fois, qu'ils burent avec avidité. Mais affaiblis par cette ruse, ils ne purent rien faire contre les assauts acharnés de Susanoo, muni de sa fidèle épée, Totsuka-no-Tsurugi."

Elle présenta alors une version raccourcie et simplifiée de la bataille épique, la lame de l'épée de Susanoo décapitant une à une les têtes de Yamata-no-Orochi. Devant un tel spectacle, Trico voulut pointer du doigt de la "violence" des choses, mais puisqu'il s'agissait de la véritable histoire...
Et puis, Hitori semblait tellement bien s'amuser...

Une fois ceci fait, la prêtresse montra Susanoo sortir, de la queue du milieu du monstre, une imposante et splendide épée, qu'il amena à sa soeur.


"Pour se racheter auprès de Toi, Susanoo T'apporta la légendaire Ama no murakumo no tsurugi, l'Épée qui assemble les nuages célestes, qui fut pendant longtemps l'une des trois reliques sacrées prouvant la légitimité du pouvoir de sang divin des Empereurs. Et à travers elle,
Tu t'es jurée de défendre les mortels, avec l'aide de Ton dévoué frère, de toute menace qui pourrait les menacer, à commencer par ceux qui prendraient exemple sur les méfaits de Yamata-no-Orochi."


Et pour finir en beauté son histoire, elle enclencha un petit mécanisme de la pièce, qui fit apparaître quelques miroirs sur les côtés, augmentant ainsi la luminosité et donnant au Disque Solaire Rouge un éclat encore plus incroyable, tandis que la marionnette de la Déesse levait son bras armé vers le ciel.

"O Grande Amaterasu, O puissants Kamis. Puissiez-vous à jamais vaincre le Mal de cette Terre, et toujours nous mener vers la Lumière."

Et ainsi acheva-t-elle son histoire. Essoufflée, elle reprit doucement son souffle, tandis qu'elle rangeait toutes ses marionnettes et l'annexe ; elle y mettait à chaque fois toute son énergie, tout son coeur, toute sa foi, et en ressortait toujours tremblante d'excitation et de fierté... et, avec cette chaleur,
de sueur... Mais qu'importait, elle se sentait heureuse, et espérait avoir au moins captiver son audience. Les yeux pétillants, elle sortit de l'annexe, tandis que Trico lui lançait un regard plein de fierté et de tendresse :


*Bravo ma douce Hitori... C'était magnifique...* Confia-t-il le plus sincèrement du monde.

Elle le regarda avec beaucoup de reconnaissance avant de s'agenouiller devant Mable, attendant son verdict.


"Bien... J'espère que mon récit t'a permis d'en apprendre davantage sur la Déesse, mon enfant. Tu peux me le dire le plus sincèrement du monde, je ne m'en offusquerai pas."
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Mar 12 Déc - 13:58
Toujours assise contre le sol légèrement mousseux, avec Dandinou sur mes genoux (dans le même état que moi) Je fixais, comme obnubilée, le spectacle de magie qui m'était présentée, j'étais encore une enfant dans ma tête, il ne me fallait pas grand chose pour m'extasier... Alors là... J'étais aux anges, mes yeux étaient remplit d'étoiles... En effet, les nom mentionnés m'étaient vaguement familier, mais sans plus... Probablement déjà entendue en tant que référence obscure... Maintenant, je connaissais toute l'histoire... Wow... J'étais tellement heureuse là maintenant tout de suite, à la fin du spectacle, j’applaudis joyeusement! Hitori avait vraiment l'art de donner vie à ses marionnettes!

Lorsqu'elle me demanda mon avis sur le spectacle, je répondis, sans réflechir:

-C'était incroyable!!!  Maintenant, j'ai envie de voyager au Japon! De découvrir sa culture ancestrae... De.... Woooow... Nan, si, c'était très clair, et surtout magnifique! Vous avez du beaucoup vous entrainer pour arriver à ce résultat! Vous devriez faire ca pour les enfants de soir sur la place de la ville! Quand j'était petite, ma maman m'y emmenait et... Et... Hemhem... Bref...


J'essayais de calmer le flot d'émotions qui m'envahissait! J'étais toujours beaucoup trop émotive, c'était terrible! Dandinou aussi était toujours encore sous le choc de ce qu'il venait de voir. Il était adorable, je pinçais ses joues joyeusement. Je pris une légère moue pensive:

-Mais... Dites, c'est pas à elle le fameux mirroir légendaire enfermé dans un des plus grand temples du japon...? Il me semble avoir lu ça dans un journal...

Je prit Dandinou comme un bébé pour lui gratouiller le ventre, il semblait tout content! Je demandais pensivement:

-Dites...C'est comment la vie de prêtresse...?
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Mar 12 Déc - 20:15
Ce n’était pas le genre de Hitori de se vanter, bien au contraire ; mais elle pouvait admettre qu’elle avait un talent indéniable pour raconter des histoires avec l’aide ses marionnettes et de son théâtre d’ombres chinoises. Après tout, il s’agissait d’une vieille tradition de son pays, et c’était bien l’unique plaisir et passion que sa famille lui avait accordé ; elle s’était donc entraînée depuis toute petite à manier tous ces personnages, offrant le résultat qu’elle avait donné aujourd’hui à Mable. Mais malgré tout, recevoir des applaudissements et de sincères et gentils commentaires la rendaient toujours toute chose. Devant l’excitation et la joie extrêmes de la jeune fille et de son esprit cochon, la prêtresse ne put s’empêcher de baisser les yeux, lèvres pincées.  Un discret rougissement apparut même sur ses joues, ce que ne manqua pas de remarquer Trico. Il était si rare de la voir montrer ses sentiments profonds, cela lui réchauffa le cœur ; et il espérait bien que l’innocence de son interlocutrice lui permettrait d’encore davantage s’ouvrir.

 Ramenant une mèche de ses longs cheveux noirs derrière son œil, Hitori contempla avec des yeux étincelants Mable, et répondit doucement :


« Je suis heureuse que tu aies apprécié cet ode à la Déesse Amaterasu, Mable. Et je te souhaite sincèrement de découvrir un jour les merveilles que le Japon peut offrir. »

 … Bien une chose, encore, que même elle, descendante des anciens vénérables Prêtre du Soleil auprès de l’Empereur, ne pourrait jamais connaître… Mais au vu des écrits, et de l’inspiration dont était tiré le temple d’Aüma, elle ne pouvait qu’imaginer sa beauté… Mais elle se reprit en une seconde, continuant avec un tout petit sourire timide :

« J’ai commencé à l’âge de 4 ans, et j’en ai maintenant 28. Les ombres chinoises font parties intégrantes de notre culture et de notre famille. »

 Encore une chose incroyable qu’avait remarqué Trico : sa Hitori avait pu aligner deux phrases, qui ne concernaient pas la Déesse, sans se sentir gênée ! Le début du miracle qu’il attendait depuis tant d’années… ? En guise de remerciement silencieux envers Mable, il pencha sa grosse tête vers elle et souffla de l’air chaud sur son visage à l’aise de ses naseaux, étant l’unique moyen pour lui de l’atteindre physiquement.

Mais un autre espoir sembla apparaître lorsque la jeune fille envisagea avec enthousiasme que Hitori puisse se « produire » devant de jeunes enfants de l’île, sur la place principale du centre-ville. Cela serait tellement exceptionnel, et une telle opportunité de rencontrer d’autres personnes ! Et puis, si comme là, elle contait l’histoire de la Déesse Amaterasu, sa famille ne pourrait que s’en réjouir ! Mais en lisant la peur dans ses yeux, la chimère comprit qu’elle ne se sentait pas prête à un tel effort… Au plus profond de son âme, il parvenait à ressentir son cœur battant la chamade, la sueur froide le long de son dos, et ses discrets tremblements… Cela lui brisait le cœur, si seulement elle parvenait à s’échapper un peu de la… prison qu’était devenu pour elle ce temple…


« J’y… j’y songerai… Répliqua-t-elle d’une faible voix.
*Hitori… Tenta Trico télépathiquement, la regardant avec beaucoup de tristesse.
- Non Trico… Pas maintenant…* Le coupa-t-elle en détournant les yeux, trop honteuse.

 … Un jour… Un jour, il parviendrait à la libérer… Il se le promettait…

 Heureusement pour elle, Mable revint sur son sujet de prédilection, la Déesse du Soleil. Tout stress quitta son regard, et son visage s’illumina de nouveau devant son interrogation. Hitori hocha la tête, répondant :


« Tu as une excellente culture sur les légendes nippones, Mable. Tu fais effectivement référence à l’un des Trois Trésors Sacrés du Japon dont j’ai fait mention dans mon récit :
- Le premier est donc l’épée de Kusanagi, Kusanagi-no-tsurugi, ou Ame no murakumo no tsurugi, ou « Epée du ciel aux nuages regroupés » C’est elle que Susanoo offrit à la Déesse Amaterasu après avoir vaincu Yamata-no-Orochi. Elle représente la valeur et la faculté de partager.
- La seconde est le magatama, Yasakani no magatama, qui illustre la bienveillance et la faculté d’apprendre. Il est un ornement en jade que l’on trouvait sur un collier de fertilité porté par la Déesse.
- Et enfin, celui que tu mentionnais, le miroir de bronze, Yata no Kagami, symbolisant la sagesse et la faculté de comprendre. C’est le reflet et la brillance de ce dernier qui permirent aux Kamis, durant leur célébration, de faire sortir la Déesse Amaterasu de sa caverne, lorsqu’Elle était encore en colère contre son frère.
Ces trois objets auraient été offerts par la Déesse à son petit-fils, Ninigi-no-Mikoto… qui deviendrait le père du premier Empereur du Japon… Ils sont donc les symboles les plus représentatifs du pouvoir de droit divin de tous les Empereurs. »


 … En effet, tout cela faisait très religieux et sectaire, Hitori ayant toujours été élevée pour être intimement convaincue de l’existence de la Déesse et des Kamis (Et puis, cette île était plus que surnaturelle, pourquoi les Dieux n’existeraient-ils pas ?). Mais contrairement à beaucoup de religions dans le monde qui obligeait les gens à croire (Elle n’avait que peu de détails de l’actualité mondiale, mais ce qu’elle en savait lui faisait froid dans le dos…), libre étaient aux gens qui fréquentaient le temple de croire ses mots ou d’avoir leurs propres opinions. Il lui en fallait beaucoup pour la rendre susceptible, et elle était toujours ouverte à la discussion. Mable pouvait donc choisir de rester réaliste, d’y croire, ou de juste se laisser bercer par la beauté de ces histoires !

 Après ces explications, Hitori pensait que Mable allait continuer à lui poser des questions sur la Déesse Amaterasu… mais la suite l’interloqua… Elle ne put s’empêcher de regarder Trico avec de grands yeux, hésitante, tandis qu’il se contentait de la scruter profondément. Elle sentait qu’il semblait satisfait que la question ait été posée, mais…… que répondre… ? Comme si elle récitait un texte, elle commença, d’une voix neutre :


« C’est un honneur et un grand privilège que de servir la Grande Déesse. Son culte m’a apporté la paix intérieure, et lorsque je deviendrai Grande Prêtresse… »

 Mais Hitori ne put terminer sa phrase, son esprit émettant un profond grognement rauque, ses yeux noirs la jaugeant avec beaucoup de sérieux. Elle devinait ce qu’il pensait…

*Trico… Je ne peux pas… Chercha-t-elle à lui faire entendre raison.
- Je ne peux demeurer le seul vers lequel tu t’ouvres, Hitori… Répondit-il télépathiquement d’une voix grave. Sois honnête avec elle…… et avec toi-même…*

 … C’était contre toutes les règles, et si sa famille apprenait ses véritables pensées, la Déesse savait ce qu’elle subirait… Mais avec tout ce qu’elle avait dans le cœur, Hitori sentait le besoin d’en parler…

 Elle agrippa son kimono de ses mains, continuant d’une voix plus sombre :


« … Je suis sincèrement heureuse d’être fidèle à la Grande Déesse…… Mais je suis destinée à devenir Grande Prêtresse, et…… cela conduira à beaucoup de sacrifices… Si j’avais été une prêtresse normale, comme mes petites sœurs, j’aurais pu espérer… une vie normale… Mais mon devoir ne se tournera que vers la Grande Déesse, et les traditions que ma famille respecte depuis des générations…… A mes 30 ans, je ne pourrais donc plus m’atteler à mes passions comme le spectacle de marionnettes, et……… et je serai contrainte de choisir un époux parmi quatre prétendants…… Ce sera donc un mariage sans amour… »

 La prêtresse ne pleurait pas, et rien ne transparaissait sur son visage. Mais ses yeux montraient parfaitement une vive douleur et un profond chagrin, qu’elle cacha en fermant ses paupières. Devant sa souffrance, Trico frotta son bec/museau contre son bras, cherchant à lui donner courage. Elle le caressa doucement, continuant d’une voix sans émotion :

« J’ai accepté cette destinée… Ma mère, la Grande Prêtresse actuelle, ne semble pas malheureuse ainsi. Le soir, je pourrai au moins me réconforter auprès de ma famille, de mon mari… et j’aurai toujours Trico……… Mais je dois bien avouer…… qu’il m’arrive d’observer la ville en contrebas…… et de m’imaginer à la place de tous ces gens…… Mais je préfère ne pas y penser, sachant que ce chemin n’est pas pour moi. »

 Hitori prit une grande inspiration et rouvrit les yeux, son visage reprenant sa neutralité et sa « froideur » habituelle. Elle ne devait pas se laisser aller, elle ne devait…

*Je suis fier de toi, Hitori…*

 En l’entendant gémir à son oreille et davantage se frotter à elle, la japonaise se sentit frémir, et se lova davantage contre lui, cherchant dans sa chaleur et dans son réconfort le courage de ne pas craquer. Elle regarda Mable avec des yeux attristés.

« Je te demande pardon si mon destin t’a donné des idées bien sombres…… Je n’ai…… Je ne me suis jamais autant ouverte avec personne…… J’ai appris qui seraient mes prétendants aujourd’hui, tu sais…  C’est peut-être pour cela que je suis aussi frêle… »
Prêtresse Triste ♣
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