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Le silence vaut parfois tous les mots du monde... (PV Tanja)

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Mar 7 Nov - 16:24

L'île d'Aüma en elle-même était un véritable paradis, tout ce qui la composait semblait tiré du jardin d'Eden ou des lieux les plus féeriques et paisibles de la littérature. Il y avait vraiment de tout pour satisfaire tout le monde, mais le temple de la Déesse Amaterasu se différenciait vraiment du reste. Pure merveille venue de l'architecture nippone, sa couleur rouge transperçait le paysage pour le plus grand plaisir des yeux ; les habitants de l'île aimaient se promener autour des différents bâtiments composant l'immense temple (Qui s'était agrandi au fur et à mesure des décennies), faisant de temps en temps une prière à l'attention de la Déesse du Soleil. C'était un véritable havre de paix, et pas seulement un lieu de culte, et cela convenait parfaitement à toute la famille Wutanashi (malgré quelques réticences de la part des plus vieux gardiens).

Et cette nouvelle atmosphère était due à la future Grande Prêtresse du temple, Hitori. S'inspirant de ce qu'avaient fait ses ancêtres, tout en tirant des leçons des méthodes qui avaient bien failli lui coûter la vie, elle menait d'une main de maître le temple de la Déesse, garantissant la continuité du culte d'Amaterasu, mais permettant à chacun d'y trouver son bonheur et la paix. Car tel était le désir de la Déesse du Soleil : apporter la lumière dans chaque coeur, afin que la noirceur de Yamato-no-Orochi ne puisse jamais plus faire sombrer l'humanité...

Cet après-midi là, tandis que les doux rayons du Soleil transperçaient les feuilles des cerisiers blancs des jardins, Hitori faisait le tour de l'ensemble des autels du temple, accordant une prière devant chacun, vêtue d'un kimono blanc et rouge plutôt simple (L'unique vêtement "excentrique" appartenant encore à la famille étant la tenue même de la Grande Prêtresse) :



Elle s'agenouillait devant chacun, et prononçait d'une voix calme les prières à l'attention de la Déesse, n'oubliant cependant pas d'honorer les autres Kamis. Et dès qu'elle finissait, elle se dirigeait tranquillement vers les autres autels, prenant le temps d'observer la nature en éveil et les gens se promener ou prier. Parfois, certaines personnes la croisaient et la saluaient gentiment, par un bonjour ou par une petite courbette. Elle restait cependant silencieuse, et n'affichait jamais de réel sourire, ce qui faisait croire aux plus idiots qu'elle était une femme froide et insensible ; mais pour les plus observateurs, ses yeux cajous suffisaient à eux seuls à laisser voir la tendresse et la douceur qu'elle pouvait ressentir vis-à-vis des fidèles et des gens. Et malgré qu'elle n'était pas du genre très bavarde, elle ne rechignait jamais à accorder un peu de temps, une bénédiction ou un conseil à tout demandeur.

Elle appréciait ces aspects de sa fonction, et savait pertinemment qu'ils seraient encore plus importants lorsqu'elle deviendrait la Grande Prêtresse de la Déesse Amaterasu. Oui, elle l'avait accepté... mais sans en avoir vraiment conscience, elle prenait parfois bien plus de temps entre chaque autel, savourant l'air frais automnal et faisant quelques détours pour se promener à travers les jardins du temple. Si elle avait une vie simple, cet endroit serait un véritable paradis sur Terre...


"Hitori."

Perdue dans ses pensées, tandis qu'elle se dirigeait vers le prochain autel, la femme cligna des yeux en voyant sa mère, la Grande Prêtresse Hiromi, s'approcher d'elle, vêtue de sa splendide tenue de cérémonie, et entourée par les quelques fidèles qui avaient intégré le temple dernièrement, et de son esprit, un magnifique loup blanc, Okami :


Lorsque les gens croisaient pour la première fois Hiromi et Hitori, tous devinaient en une seconde qu'elles étaient mère et fille, Hiromi ressemblant trait pour trait à sa famille, avec les signes de vieillesse et les cheveux grisonnants qui allaient avec ses 58 ans. Mais malgré son âge, elle restait d'une grande beauté, ayant obtenu les gênes philippiens de leurs ancêtres. Sachant qu'elle avait devant elle la Grande Prêtresse, et non sa mère, Hitori s'abaissa devant elle, yeux clos.

"Mère. Que puis-je faire pour votre service ?
- Où en es-tu dans tes prières, mon enfant ? Demanda sa mère d'une voix grave, le regard ferme.
- Il ne me reste que la section Est, Mère, et j'aurais fini." Répondit-il sobrement. Simple, concis, précis.

La Grande Prêtresse ne dit rien pendant quelques secondes, regardant son enfant avec des yeux neutres, tandis qu'Hitori était toujours penchée respectueusement devant elle. Puis, doucement, elle releva son visage de sa main, provoquant un très rapide flash d'incompréhension dans les yeux de sa fille.

"Profite de ton après-midi, Hitori. Je me charge du reste. Va te reposer." Intima-t-elle gravement... dissimulant au maximum la forte preuve de tendresse à son égard.

Comme à son habitude, Hitori ne répondit rien, s'inclinant silencieusement avant d'obéir à sa mère. La Grande Prêtresse avait ordonné, elle devait obéir... même si elle savait parfaitement qu'elle cherchait, depuis ses huit ans, à rattraper les erreurs du passé... Mais cela risquait bien de leur retomber à toutes les deux dessus, son grand-père Akihiru et sa grand-mère Aoi leur rappelant pour la énième fois autour du repas les devoirs du temple. Mais, comme à chaque fois (et cela était trop rare pour le souligner), elles se regarderaient discrètement avec un petit sourire en coin... unique preuve du lien maternel puissant qui les unissait...

Hitori était toujours redevable à sa mère lorsqu'elle celle-ci, malgré ses hautes fonctions, lui accordait quelques heures de liberté, car cela lui permettait de passer ce temps à son endroit préféré du domaine appartenant au temple : l'étang aux lotus... là où était la plupart du temps celui qu'elle appelait "son âme-soeur" , son esprit, Trico la chimère. Une fois de plus, il se reposait paisiblement aux pieds d'un imposant peuplier, ses plumes bougeant au fil du vent. A la simple vision de son esprit, l'attitude d'Hitori changeait du tout au tout, tandis qu'un merveilleux sourire se dessinait sur son visage, et qu'elle se ruait sur lui pour l'enlacer.

Ayant l'habitude d'un tel élan d'amour, Trico n'émit que l'un de ses adorables petits gémissements, ouvrant doucement les yeux tandis qu'elle caressait son bec/museau avec douceur.


"Bonjour Hitori. Qu'il est bon de te voir sourire ainsi. Lui dit-il tendrement de manière télépathique d'une voix fluide et mystérieuse comme la rivière.
- Toi seul me rend ainsi, mon coeur... Admit-il tendrement en le regardant avec douceur, caressant ses oreilles. Mère m'a accordé l'après-midi, je peux le passer en ta compagnie.
- Ta présence est toujours source de joie, ma chère petite humaine. Répondit Trico en frottant son grand visage contre elle, sincère (Après tout, sa grande taille ne lui permettait pas de pénétrer à l'intérieur du temple). Mais ma joie serait encore plus grande si tu acceptais que nous découvrions le reste de l'île... Hitori... Ton monde ne se limite pas qu'à ce magnifique temple..."

Hitori savait pertinemment que son esprit ne voulait que son bien, et ne lui en voulait absolument pas de chercher à la convaincre de... vivre une autre vie quand elle le pouvait... Mais les quelques fois où elle avait osé sortir, en plus en compagnie de Trico... elle n'avait fait que rester en retrait, se baladant dans les parcs naturels... et renseignant parfois les gens sur le temple et sur la Déesse Amaterasu... Même dehors, ses responsabilités ne semblaient pas la quitter, et sa manière de vivre reprenait rapidement le dessus... Malgré ses désirs secrets, il lui était désormais impossible d'espérer autre chose, en particulier hors du temple. Alors, lorsqu'elle avait des moments de libre, elle les passait exclusivement avec Trico, parfois à jouer avec ses frères et soeurs... mais c'était tout... Et malgré qu'il l'acceptait et ferait tout pour améliorer sa vie du mieux qu'il le pouvait, Trico se sentait presque responsable de cet état, honteux d'être le seul vers lequel la douce Hitori se tournait... Si seulement elle avait quelqu'un d'autre dans la vie...... Et dire que sa prise de fonction en tant que Grande Prêtresse approchait...... et qu'elle devrait bientôt choisir un mari, sans sentiment derrière...

Elle parvint cependant à cacher sa mélancolie derrière son expression si neutre, tandis qu'elle s'installait aux pieds de ses serres, ôtant ses chaussettes blanches et ses geta et mettant ses pieds dans l'eau de l'étang, soupirant d'aise au contact de l'eau froide (Elle adorait les bains glacés, cela la revigorait toujours !). Mais les yeux n'étaient pas le reflet de l'âme pour rien, et Trico voyait parfaitement sa tristesse cachée... Un souffle triste s'échappant de ses naseaux, la chimère posa sa tête à côté de son petit corps, l'observant silencieusement. Plus aucun mot ne fut échangé, les deux êtres ayant pris l'habitude de juste profiter de la présence de l'autre en silence, sans rien pour les perturber.

... Mais pas aujourd'hui...
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Ven 10 Nov - 16:47
Le soleil m'accable de son implacable chaleur. Je suis avachie sur mon bureau alors que les éblouissant rayons estivales passent à travers les carreaux des fenêtres vitrées et me brûlent la nuque. Pourquoi doit-on étudier par une telle chaleur ? C'est inhumain. Ils pourraient au moins avoir la clémence de nous faire cours dehors, ou le vent chaud ferait danser nos cheveux et sécherait nos larmes de sueur. À l'abri du grand peuplier, les fesses sur le gazon vert et fraîchement tondue dont l'odeur ravirait nos narines. Mais non, qu'est-ce qu'on est mieux assis sur des chaises inconfortables dans une salle de classe étouffante hein !

Quelle idée ont eu mes ancêtres de venir vivre sur une île aussi chaude, je crois que je supporterais mieux la Sibérie. De plus, je ne suis pas vraiment du genre à passer mes journées à me faire dorer la pilule sur le sable chaud ou faire trempette dans l'eau à peine fraîche. Peut-être que je suis trop pudique, ou bien trop peureuse. La honte de montrer mon corps et la peur de marcher sur une espèce aquatique bizarre qui pourrait m'empoisonner. Brr, rien que d'y penser, ça me fous les choquotes.

Mes appareils auditifs traînent quelque part, sur mon bureau, ou peut-être par terre, je ne sais pas. Je suis bien évidemment obligée de les porter en cours pour pouvoir suivre la leçon, mais je n'en fait qu'à ma tête. Ainsi, la voix de mon professeur et l'agitation de mes camarades ne viennent pas perturber le fil de mes pensées. Ce doit être pour cela que les rires de mes camarades ne m'avertisse pas de la situation, me laissant me complaire dans mes rêves d'aventures jusqu'à ce qu'une main vienne tapoter légèrement mon épaule, me faisant sursauter. Je relève mon visage vers celui de mon professeur mécontent et remets mes appareils avec précipitation :

" C'est la troisième fois cette semaine Tanja, si mon cours ne t'intresse pas il est inutile de te déranger à venir.
- Excusez-moi Monsieur.
- Pas cette fois. Tu es renvoyé du cours pour aujourd'hui. "


Ca y est, je les entends, les rires moqueurs de mes camarades. Je range lentement mes affaires, presque avec lassitude, alors que l'enseignant se dirige vers son bureau. Je me lève de ma chaise et glisse mon sac sur mon dos avant de l'y rejoindre. Il me donne un mot en me disant de passer par le bureau du CPE et sous les regards goguenards, je quitte la salle de classe. Une fois la porte passée, j'enfonce le mot dans ma poche et me dirige directement dans la cour, évitant un détour fâcheux et une séance de sermon.

* Nils, je sors, rejoins moi.
- Déjà ? Comment ça se fait ?
- Je me suis fait renvoyée, il faut vraiment que tu recommence à venir en cours avec moi, ça devient ingérable. *


Je me dirige vers l'entrée en espérant ne croiser aucun adulte qui me demanderait des comptes. Je n'ai pas trop envie de me faire traîner de force dans le bureau du CPE et de me chopper encore plus de reproche. J'aurais bien fait un détour par ma chambre, ne serait-ce que pour poser mon sac, mais il vaut mieux que je file d'ici le plus vite possible. Alors que j'approche de l'entrée, je sens Nils me sauter sur le dos et remonter jusque sur mon épaule avant de frotter sa petite tête contre ma joue. Je souris légèrement et viens lui caresser la sienne, tout est tellement plus facile avec mon petit raton à mes côtés.

Franchissant l'entrée, j'enfonce mes appareils auditifs dans la même poche que mon précédent papier, maintenant que mon ami est là, je n'en ai plus vraiment besoin. Chaque pas me semble être une épreuve sous ce soleil de plomb, j'ai besoin de me poser dans un endroit où il fait frais et je propose alors :

* Un café ?
- J'ai pas trop envie de rester enfermé.
- Non, moi non plus..
- La forêt ?
- Avec ce qu'il s'y raconte ? Brr.
- Peureuse !
- Que dirais-tu du temple ?
- Pas à l'intérieur !
- Dans les jardins, idiot ! Les arbres nous abriterons du soleil et y a même une sorte de petite marre si je me souviens bien.
- Va pour le temple alors ! *


Une fois que nous sommes d'accord, je me mets en route en ronchonnant intérieurement. Nils, lové autour de mon cou, me tient affreusement chaud, mais il ne semble pas s'en préoccuper. Un moindre mal pour l'avoir comme esprit, je suppose, lui qui est si parfaitement imbu de lui-même. Je "l'entends" pouffer un peu de rire et mon agacement se transforme en sourire alors que je lui tire doucement une moustache pour l'embêter.

L'ascension jusqu'au temple fut fastidieuse. Les marches me semblaient encore plus nombreuses qu'habituellement et je slalomais de droite à gauche pour grappiller un peu d'ombre auprès des arbres. Mais nous ne sommes plus très loin et le raton somnole sur mes épaules, il a bien de la chance. Je m'estime astucieuse d'avoir opté pour un short en jeant, mes converses et un simple t-shirt blanc ce matin et aussi d'avoir attaché mes cheveux en un chignon... Ou ce qui pourrait vaguement y ressembler. Les marches laissent place à un petit sentier de terre et de verdure qui semble assez peu emprunté et pour cause. À chaque fois que nous sommes venus nous reposer ici, nous n'y avons croisé âme qui vive. Enfin si, des insectes, des oiseaux... Mais aucun humain ou esprits, comme si ce lieu était laissé à l'abandon et pourtant encore entretenu.

Je vois la surface aqueuse miroiter sous les rayons du soleil cuisant, nous allons enfin pouvoir nous reposer tranquillement. Mais il semblerait que je pense trop vite. Pas très loin de la rive, un gigantesque esprit semble se reposer, accompagné d'une femme à la peau satiné et aux cheveux d'un noir profond. Je m'arrête un instant, me demandant si je ne vais pas la déranger, si j'ai sa permission. Elle semble porter un accoutrement traditionnel, elle travaille au temple ? Puis, je recommence finalement à approcher, doucement. Je la regarde un instant, puis regarde son esprit sans le fixer dans les yeux. Il ressemble à la chimère de ce jeu que tant affectionne et je ressens une certaine prestance émanant de lui. Je reste à une certaine distance et pose mon regard sur l'eau, pour ne pas me montrer trop intrusive et insistante, décidant de réveiller le paresseux qui réagit au quart de tour. En un sursaut, il saute sur le sol devant moi en hérissant son poil et montrant ses petits crocs acéré. Sa voix est légèrement sifflante lorsqu'il me dit :

* Ne bouge pas, son acuité visuelle est basée sur le mouvement...*
" Tu te prends pour Spilberg ? Arrêtes de faire l'idiot, s'il voulait nous bouffer il l'aurait déjà fait. "


Je reporte mon attention sur l'inconnue et son imposant chimère et m'adresse à eux avec un soupire :

" Excusez-le, il est pas tout seul dans sa tête des fois..."
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Lun 20 Nov - 19:51
 Rien ne perturba pendant un long moment le silence environnant. Yeux clos, Hitori savourait les différents bruits de la nature, le vent faisant s'envoler ses longs cheveux, l'eau froide revigorant ses pieds, les douces plumes de sa chimère caressant sa peau... C'était vraiment le genre d'instants qu'elle recherchait le plus possible pour échapper à la monotonie et à l'exigence de son existence : simple, mais tellement apaisant... Et l'aura seule de Trico suffisait à l'apaiser, il avait une telle énergie réconfortante... Pour ceux qui savaient ne faire qu'un avec leurs esprits et apprécier la présence des autres, il était une réelle source de réconfort... Elle avait vraiment de la chance de l'avoir, se dit-elle en passant doucement ses mains sur ses serres, un petit sourire aux lèvres. L'immense esprit, apaisé par ce contact,
"ronronnait" doucement, respirant profondément et faisant encore plus voler ses cheveux aux quatre vents. Pour au moins quelques minutes, ils parvenaient à oublier tout le reste...

 Mais la sérénité de cet instant fut en quelque sorte "troublée" lorsque les oreilles de Trico bougèrent en entendant des petits pas de plus en plus proches. Émettant un petit grognement curieux, il releva sa grosse tête et se tourna vers la source du bruit, ses yeux profonds passant du noir neutre au jaune curieux, ce que ne manqua pas de ressentir Hitori.


*Des visiteurs ? S’enquit-elle télépathiquement.
- Mmm... Plutôt des fugueurs...* Répondit-il doucement, sans quitter du regard les nouveaux arrivants.

 Intriguée par cette réponse, la prêtresse ouvrit les yeux et se tourna doucement vers eux. Une jolie jeune fille blonde, à peine majeure, et probablement étudiante, accompagnée de son esprit raton laveur... qui, sautant de ses épaules, hérissa sa fourrure en fusillant Trico du regard et en montrant ses crocs. Devant une telle différence de taille, cette scène aurait pu devenir vite comique, mais Hitori admira le courage du petit esprit ; rares étaient ceux qu'ils avaient croisé qui avaient montré autant de détermination face à sa chimère. Même si cette dernière, douce comme elle était, montrait plutôt des signes d'inquiétude...


*... Suis-je si menaçant que cela, Hitori...? S'inquiéta Trico, poussant un petit gémissement plaintif.
- Non mon coeur, n'aies crainte. Le rassura Hitori en caressant davantage ses serres. Juste impressionnant. Laisse-moi faire.*

 La prêtresse se releva et, ne se souciant pas d'être pieds nus, s'approcha des nouveaux arrivants, affichant son regard le plus bienveillant. Certes, toujours pas de sourire, mais elle parvenait davantage à montrer ses sentiments à travers ses yeux. Elle s'agenouilla d'abord devant le raton-laveur, le scrutant avec gentillesse.

"Sois sans crainte, belle créature de la forêt. Mon Trico ne te fera pas de mal. Son corps massif impressionne, mais son coeur généreux et tendre l'est autant plus.
*... Pardonne-moi si je t'ai inquiété. Rajouta télépathiquement Trico à l'intention du raton-laveur. Je regrette parfois que mon corps tende davantage à effrayer qu'à rassurer... mais au moins, je suis certain que ma Hitori ne craint rien ainsi. Même si tu viens de parfaitement démontrer que le courage du coeur est ce qui importe le plus, ton humaine ne doit rien avoir à craindre avec toi.*

 En le voyant ainsi s'ouvrir au raton-laveur, Hitori ne put s'empêcher de très légèrement afficher un sourire, tandis qu'elle caressait le bas de son cou avec tendresse. Il n'était pas son esprit pour rien... Lui aussi, à sa manière, avait du mal à s'intégrer et à trouver quelques compagnons... Cela était plus que regrettable, il était la douceur incarnée, il méritait tellement de se faire des amis... Comme elle donnerait tout, même ses quelques instants de liberté, pour le lui permettre...

 Retournant son attention vers la jeune fille, elle hocha la tête, comme signe de bienvenue. Pas seulement par politesse et par devoir,
mais également pour la rassurer sur le fait qu'elle n'avait rien à craindre avec elle : certes, peut-être avait-elle quitté les cours bien plus tôt, et l'éducation restait une chose primordiale. Mais très souvent, lorsque de jeunes personnes venaient chercher refuge, seul ou avec leur esprit, au temple, il y avait certainement une raison derrière cela ; et en qualité de prêtresse de la Déesse Amaterasu, elle se faisait un devoir d'apporter Sa lumière bienveillante dans le coeur de chacun, prenant le temps de les écouter...... Et elle ne croyait pas si bien dire...

 Malheureusement pour elle, même si elle pensait à cet instant bien faire, le fait de le faire à haute voix allait complètement à l'encontre du problème même... Mais elle le regretterait bien assez tôt... Complètement dans son rôle de prêtresse (d'où le fait qu'elle parlait plus qu'à la normale), elle commença :


"Je suis la prêtresse Hitori Wutanashi, bienvenue au sein du Temple de la Déesse Amaterasu, Kami du Soleil et Lumière Apaisante et Juste de ce bas monde. Puisse sa chaleur à jamais guider tes pas et apaiser ton âme."

 Devant un tel énoncé parfait, Trico ne put s'empêcher de frémir, non d'excitation ou de fierté... mais de tristesse... Hitori était parfaite dans son rôle de prêtresse, elle avait été éduquée ainsi, il n'y avait rien à redire, elle était parfaite ainsi...... mais il savait pertinemment qu'elle ne faisait que réciter, certes avec tout son coeur et toute sa croyance...... mais pas avec joie... Il souhaitait tellement la voir plus naturelle, plus enclin à être aussi bienveillante avec les gens, sans se sentir obligée... Non pas qu'elle ne l'était pas, loin de là, mais... elle avait fini par croise que sa gentillesse n'était due qu'à ses obligations, et non à elle-même...

"Mon enfant, je suppose que tu souhaitais te ressourcer auprès de l'étang aux lotus, n'est-ce pas ? Mets-toi à ton aise,
et reste aussi longtemps que tu le souhaites. Si notre présence te gênait, nous nous retirerons, n'aies crainte."
Continua-t-elle,
toujours dotée de son regard naturellement doux.

*Vous cherchiez à vous évader de votre quotidien pour manquer les cours de l'après-midi ? Demanda doucement Trico à l'attention unique du raton-laveur. Ne t'en fais pas, je ne juge pas, cela n'est pas la première fois que cela arrive, et le temple accueille toutes les âmes dans le besoin.*

 Il ne croyait pas si bien dire...
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